ISR: un rapport met en doute leur crédibilité
Peut-on croire en l’investissement socialement responsable ? c’est de fait là question que pose, au travers du rapport qu’elle vient de publier, l’ONG Les Amis de la Terre.
L’étude de la composition des 89 fonds labellisés par Novethic a mis en évidence que parmi eux 71 contiennent ontenant dansleurs portefeuilles d’actifs au moins une des 15 entreprises controversées sélectionnées par les Amis de la Terre pour leurs pratiques sociales et environnementales désastreuses.
Deux éléments majeurs expliquent la présence d’entreprises controversées dans les fonds “socialement responsables” : les fonds sont investis presque systématiquement dans des entreprises multinationales, par nature plus promptes à avoir des pratiques contestables. Par ailleurs, la notation extra-financière, telle que pratiquée par Vigeo (agence de notation extra-financière), est défaillante : juste avant l’explosion de Deepwater Horizon, la plate-forme pétrolière exploitée par BP, certains reportings extra-financiers n’hésitaient pas à noter au sein du groupe « une volonté de réduire son impact environnemental » et l’existence « d’une démarche active en gestion de la sécurité ».
Soisic Rivoalan, rédactrice du rapport, explique : « Avec l’”Investissement socialement responsable”, banques et assurances entrent dans la valse du “développement durable”. Malheureusement, elles n’ont pas changé leurs pratiques réelles et se sont limitées à promouvoir un affichage qui n’a pas de sens. Elles vendent à leurs clients des fonds soi-disant socialement responsables mais il s’avère qu’ils ne le sont pas. Détenir des actions de Total, Shell, Areva ou de BNP Paribas est-il socialement responsable ? Pour les Amis de la Terre, la réponse est clairement « non ». L’appellation « ISR » est donc totalement illégitime pour une immense majorité des produits d’épargne ainsi nommés par les banques et les assurances elles-mêmes ».
Aujourd’hui, selon le rapport des Amis de la Terre, seule une infime minorité des fonds ISR pratiquent un investissement réellement responsable des points de vue environnementaux et sociaux. Ces fonds sont ceux qui privilégient à la fois les petites capitalisations, pratiquent des exclusions sectorielles pertinentes et analysent de façon approfondie les pratiques sociales et environnementales de chaque entreprise.
Toutefois, afin de guider les épargnants dans le choix de leur épargne, les Amis de la Terre publient, parallèlement au rapport, le guide éco-citoyen “Environnement : comment choisir mon épargne ?” qui classe les produits d’épargne, du livret A à l’assurance-vie en passant par le livret développement durable, selon leurs impacts et leurs risques sociaux et environnementaux.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site internet www.financeresponsable.org.












































































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